Les Trois Mousquetaires – [Alexandre Dumas]

Les Trois MousquetairesEn lisant Les Trois Mousquetaires, on ne peut qu’être transporté. Par la verve du récit, son dynamisme, les personnages, attachants jusque dans leurs défauts, le croisement des intrigues, le tableau d’une époque, les valeurs intemporelles qu’on y retrouve. Aussi, les (presque) 1 000 pages ne semblent rien, et l’on est tout étonné, une fois embarqué dans cette aventure de lecture, d’en être déjà à la fin. Et on en redemande. (Par chance, Dumas a songé à en écrire la suite, que l’on découvrira avec Vingt ans après, et Le Vicomte de Bragelonne). Un classique auquel on peut sans hésitation s’attaquer, sans crainte de longueurs ni d’ennui !

Se lancer dans un résumé des Trois Mousquetaires serait périlleux : la multiplication des intrigues, des personnages, les sauts dans le temps, le contexte historique, tout rend la chose vaine ou laborieuse. On peut cependant s’en tenir aux faits principaux : D’Artagnan, un jeune Gascon, se rend à Paris pour faire fortune. Il y rencontre Athos, Porthos et Aramis, trois mousquetaires du roi, avec qui il se lie d’amitié. Tous les quatre deviennent inséparables, et vont s’opposer aux gardes du cardinal, et à ses agents. Ils se battent beaucoup, boivent, rient, se soutiennent, tombent amoureux, et ont à coeur le salut de la France. L’histoire commence en 1625 et s’achève en 1628. On y apprend beaucoup sur le contexte historique : le Roi Louis XIII et le Cardinal Richelieu (au rôle plus politique que religieux) sont aux prises avec des dissensions, des complots et des intrigues de Cour ainsi qu’un conflit avec l’Angleterre, qui mêlent directement la reine Anne d’Autriche et son amant le Duc de Buckingham. Quoiqu’en apparence ces deux autorités de l’État soient alliées, les Français de l’époque sont globalement divisés entre royalistes et cardinalistes (ce qui expliquent que les mousquetaires du roi soient aussi prompts à provoquer les gardes de Monseigneur). Tout tend vers le siège de La Rochelle, où un petit noyau résiste dans ce dernier bastion du protestantisme, en attendant une aide de l’Angleterre qui ne viendra pas…

Au coeur des complots et des machinations, une femme, dont le rôle contribue à rendre l’intrigue passionnante : Milady de Winter. Une femme au coeur diabolique et au visage angélique, une sorte de démon tentateur, dont le machiavélisme tend à la monstruosité. C’est par elle que la plupart des événements adviennent, mais c’est sur elle aussi que se referme ce roman-fleuve. Ce n’est pas révéler le dénouement que dire que toute cette histoire s’achève sur le triomphe de la justice, de la paix, et du bien.

Vengeances, jalousie, combats, bravoure, amitié, amour… Tout y est pour faire de ce pavé un condensé de frissons, de plaisir et de suspense ! De rire aussi, car l’humour est également au rendez-vous. L’écriture du roman en feuilletons (publiés entre mars et juillet 1844 dans la revue Le Siècle) contribue sans doute à autant attacher le lecteur au destin des personnages.

À lire de toute urgence !

4e de couverture

Dans Les Trois Mousquetaires revit toute l’Histoire : le Moyen Âge parce que c’est une épopée chevaleresque ; le XVIIe siècle dominé par Richelieu fondateur de la France moderne ; le romantisme parce que des héros exceptionnels, qui ont disparu d’une société contemporaine dépoétisée, se réfugient dans le roman. L’auteur y a mis tout son art : la surprise, la vitesse, l’humour, la couleur, le sens du mystère et de la grandeur. Le lecteur se sent un instant aventureux comme d’Artagnan, séducteur comme Aramis, hercule comme Porthos, profond comme Athos, poète comme Dumas.

Carte d’identité

  • Titre : Les Trois Mousquetaires
  • Auteur : Alexandre Dumas (père)
  • Genre : roman
  • Date de publication : 1844
  • Édition (poche)  : Folio
  • Nombre de pages : 989

Un extrait

« Tout le long de la route, le duc se fit mettre au courant par d’Artagnan non pas de tout ce qui s’était passé, mais de ce que d’Artagnan savait. En rapprochant ce qu’il avait entendu sortir de la bouche du jeune homme de ses souvenirs à lui, il put donc se faire une idée assez exacte d’une position de la gravité de laquelle, au reste, la lettre de la reine, si courte et si peu explicite qu’elle fût, lui donnait la mesure. Mais ce qui l’étonnait surtout, c’est que le cardinal, intéressé comme il l’était à ce que ce jeune homme ne mît pas le pied en Angleterre, ne fût point parvenu à l’arrêter en route. Ce fut alors, et sur la manifestation de ce étonnement, que d’Artagnan lui raconta les précautions prises, et comment, grâce au dévouement de ses trois amis qu’il avait éparpillés tout sanglants sur la route, il était arrivé à en être quitte pour le coup d’épée qui avait traversé le billet de la reine, et qu’il avait rendu à M. de Wardes en si terrible monnaie. Tout en écoutant ce récit, fait avec la plus grande simplicité, le duc regardait de temps en temps le jeune homme d’un air étonné, comme s’il n’eût pas pu comprendre que tant de prudence, de courage et de dévouement s’alliât avec un visage qui n’indiquait pas encore vingt ans. »

(chapitre XXI, « La Comtesse de Winter, page 334)

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10 réflexions sur “Les Trois Mousquetaires – [Alexandre Dumas]

  1. Pour assurer une production littéraire aussi prolifique, Alexandre Dumas faisait travailler des « nègres », alors qu’il était lui-même fils du premier général noir (antillais) de l’armée française. Cette double négritude/noirceur (?) a été source de multiples plaisanteries.
    Mais il conçoit personnages et intrigues, puis les écrit ou les fait écrire à merveille. Je recommande aussi le Comte de Monte-Cristo, un pur chef d’oeuvre pour moi.

    • Ça paraissait en effet surhumain pour un seul homme d’écrire autant en une seule vie (plus de 150 oeuvres). J’ai découvert cette info sur Dumas (le fait que son père était antillais) dans le film « Django Unnchained » de Tarantino :)

  2. Ahhh, « Les Trois Mousquetaires » ! Je me souviens d’avoir dévoré ce roman presque d’une traite, malgré le nombre de pages. Ce volume est à mon sens, le plus drôle de la trilogie (« Vingt ans après » et « Le Vicomte de Bragelonne » sont plus sombres, les personnages voient le temps passer et deviennent nostalgiques). Par contre, j’ai toujours trouvé que Milady était traitée d’une façon injuste et que les mousquetaires n’avaient pas toujours une attitude très honorable.

    • L’attitude de D’Artagnan peut laisser à désirer, par exemple quand il se sert de la suivante de Milady pour approcher cette dernière… Mais en règle générale, j’ai trouvé les mousquetaires bien sympathiques, malgré leurs (rares) manquements ! Concernant Milady, je n’ai pas réussi à éprouver la moindre pitié pour son sort, que je trouve juste en comparaison de ses crimes…!

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