Pantagruel // Théâtre de l’Athénée

Pantagruel 3

Vous n’avez jamais réussi à lire Rabelais ? Les bras vous en sont tombés quand vous avez ouvert Gargantua et Pantagruel ? Vous ne comprenez rien à l’ancien français ? Vous ne saisissez pas pourquoi tout le monde loue la verve caustique de l’auteur et pourquoi les enseignants s’obstinent à le faire lire à de pauvres collégiens en détresse ? Pas de panique, vous n’êtes pas seul. Et surtout, le si célèbre Théâtre de l’Athénée – Louis Jouvet (Paris) vous offre la possibilité (jusqu’au 30 novembre) de revenir sur tous vos préjugés. 

LA PIÈCE

Car oui, Rabelais est drôle. Rabelais manie le calembour, le jeu de mot et la poésie comme personne. Et vous le verrez – vous l’entendrez ! – si vous allez voir la pièce mise en scène par Benjamin Lazar. Le texte est celui de Rabelais, et il est sublimé par la magnifique diction du comédien Olivier Martin-Salvan. Seul (accompagné de 2 musiciens) sur scène, celui-ci danse, chante, déclame Pantagruel, tour à tour narrateur et personnage, orateur et troubadour. Toutes les péripéties de Pantagruel y sont, et le spectateur est plongé dans un monde ancien emprunt de délicatesse et d’amusement.

Qui a dit que Rabelais était grossier, rustre, vulgaire ? Il s’agit juste de retrouver un rapport authentique au texte, et Olivier Martin-Salvan réussit parfaitement ce défi. Comme l’a justement noté le Froggy’s Delight, « on redevient enfant, on prend peur, on rit, il [Oliver Martin-Salvan] nous entraine. La truculence de Rabelais traverse ce filtre sans dépôt. […] Le public parisien apprécie, se réjouit et applaudit. Rabelais est bien vivant.« 

LA MISE EN SCÈNE

Imaginez. C’est l’été, il fait nuit, et la veillée va commencer. Ambiance rurale, le feu crépite, chacun fait silence, une guitare entame un air joyeux. Le paysan commence son récit. Ça y est, vous êtes dans l’univers de la pièce. La mise en scène est enchanteresse, propre à mettre en valeur la poésie de Rabelais. La scénographie nous entraîne dans un autre lieu, et les yeux s’illuminent à la vue des lanternes, des pinata, des branchages, des chars de bric et de broc, des cotillons et des peaux de bête.

Je retrouve à travers la langue de Rabelais des paysages anciens, une nature partout présente, une époque sans industrie ni moteur, une France faite de villages, avec des bruits de bois ou de vent, quelque chose de rural dont je suis proche

avoue Olivier Martin-Salvan. On comprend pourquoi l’alchimie fonctionne. Le metteur en scène reconnaît à son tour :

Lire Pantagruel aujourd’hui, c’est effectuer un retour aux sources de notre langage et de notre imaginaire, où l’on sentirait en même temps le souffle moderne, expérimental, de l’esprit humaniste qui l’a conçu.

Il n’est pas besoin d’en dire plus : courez voir cette pièce pendant qu’il en est encore temps ! C’est drôle, extrêmement bien joué, on sourit, on rit et on est ému.

Pour en savoir plus sur la pièce, c’est ICI !

(Merci au Magazine Littéraire pour les invitations)

Carte d’identité

  • Titre : Pantagruel
  • Auteur : Rabelais
  • Date de publication : 1532
  • Mise en scène : Benjamin Lazar
  • Avec : Olivier Martin-Salvan et les musiciens Benjamin Bédouin et Miguel Henry

Jusqu’au 30 novembre

Théâtre de l’Athénée – Louis Jouvet

7, rue Boudreau

75009 Paris

01 53 05 19 19

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