Une fille, qui danse – [Julian Barnes]

Julian Barnes au sommet de son art ? Lauréat du Man Booker Prize 2011 (le « Goncourt anglais ») pour Une fille, qui danse, l’auteur britannique le plus reconnu de notre époque maintient en tout cas, à près de 70 ans, le cap d’une production littéraire féconde. Ce court roman ne fait pas exception au talent de l’auteur pour créer de l’inconfort à partir d’une situation confortable et on le suit jusqu’au bout d’un processus de crise qui prouve que la vieillesse se repose souvent sur des illusions que la jeunesse a contribué à forger. Lire la suite

La Playlist du Dimanche #10 « Just Kids », de Patti Smith

Cette playlist aurait pu être uniquement composée de chansons de Patti Smith, d’artistes qui l’ont inspirée (Joan Mitchell, Bob Dylan,…), ou encore de ceux lui ayant « succédé ». La sélection de chansons qui suit tente plutôt de faire revivre l’atmosphère punk des années 60 que décrit si justement Patti Smith dans Just Kids. Lire la suite

Anima – [Wajdi Mouawad]

Anima fait partie de ces livres dont il est difficile de parler, tant l’intensité littéraire et poétique ébranle son lecteur. Il lui faut du temps pour prendre du recul, comprendre la source de cet ébranlement, la raison du plaisir du texte, démêler les sentiments, faire la part entre ce qu’il lit et comment il le lit. La littérature contemporaine s’aventure rarement sur le terrain du surnaturel et c’est un manque. Wajdi Mouawad prend le risque de la violence des mots, pour essayer de dire quelque chose de la violence du monde. Ce qui au premier abord peut rebuter constitue sans aucun doute la force du roman, sa singularité et sa beauté.

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Heureux les heureux – [Yasmina Reza]

« J’écris sur le fil de l’essentiel. En cherchant à dire quasiment tout avec presque rien. » Dans une interview parue dans L’Express en janvier 2000, Yasmina Reza confie ce que pour elle écrire veut dire. Heureux les heureux, son deuxième roman, condense ce style si laconique et incisif qu’on lui connaît au théâtre. Avant tout dramaturge et scénariste à la renommée internationale (Le Dieu du carnage, Art, entre autres pièces), récompensée par de nombreux prix, Yasmina Reza excelle aussi dans l’art du portrait. Sous forme de « destins croisés », Heureux les heureux offre un tableau mélancolique et grinçant de l’homme moderne. Lire la suite

Marie Stuart – [Stefan Zweig]

« Ce qui est clair et évident s’explique de soi-même, mais le mystère exerce une action créatrice. » Dans sa préface à Marie Stuart, Stefan Zweig justifie son projet de biographie : il ne cache pas que les zones d’ombre et d’incertitudes sur la vie et la personnalité de Marie Stuart sont pour lui le matériau romanesque idéal. Les nombreuses interprétations contradictoires de l’histoire et des documents historiques amènent tout naturellement le romancier-historien à faire acte d’honnêteté : admettre ce qu’on ne peut remettre en cause, reconnaître que l’authenticité des sources peut faire débat sans pour autant éviter de prendre parti. Habilement mené, le récit nous entraîne dans les méandres de l’Écosse et de l’Angleterre du XVIe siècle et l’on se prend au jeu de l’histoire. Une question demeure : sommes-nous face à une fiction narrative (Marie Stuart devenant un personnage entièrement créé par Zweig) ou à une (forme de) vérité historique (impartialité et neutralité de l’auteur primant sur les motivations artistiques) ?

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