Le Complexe d’Eden Bellwether – [Benjamin Wood]

N’ayant pas lu beaucoup de livres parus en 2014, il m’est difficile de parler du « meilleur livre de l’année », mais c’est en tout cas un livre très marquant et captivant. Pour un premier roman, il faut saluer le talent du jeune auteur britannique Benjamin Wood, qui fait déjà montre d’une réelle aisance pour fasciner et mettre en place un univers littéraire envoûtant.

Il est rare qu’un pavé cumule à la fois qualités littéraires et narratives, profondeur psychologique et légèreté de ton, tragique et comique, avec autant de talent. Le Complexe d’Eden Bellwether relève le défi avec brio.

Lire la suite

Publicités

Le Crieur de nuit – [Nelly Alard]

Nelly Alard signe, avec Le Crieur de nuit, son premier roman, un court récit où il n’y a de place ni pour le regret ni pour le pardon.  Les premières lignes synthétisent l’essence de cette autofiction dont on sent toute la nécessité pour la narratrice : « J’ai appris la nouvelle ce matin, en écoutant le répondeur. Isa disait : Papa est décédé. Je me suis fait couler un café et je l’ai rappelée, puis j’ai composé le numéro d’Air France. Thierry est entré en bâillant, m’a regardée et a dit : Qu’est-ce qui se passe ? J’ai répondu : Papa est mort. Isa dit : décédé. Moi je dis : mort. Je ne vois pas pourquoi je prendrais des gants. […] Tu es mort. Enfin. » Lire la suite

Tess d’Urberville – [Thomas Hardy]

Qu’y a-t-il, dans le fond, à dire sur les classiques ? Peut-on questionner leur valeur littéraire, leur intérêt narratif, leurs qualités intrinsèques quand on sait que ces livres ont trouvé leur place dans la postérité, qu’ils sont étudiés par des millions d’élèves dans le monde, lus et relus par autant de lecteurs depuis des siècles ? Il semblerait que tout a été dit. La critique (professionnelle) est déjà passée par là. Néanmoins, nous, lecteurs contemporains, éprouvons encore le besoin de légitimer leur existence ou au contraire, d’en questionner l’intérêt. Tess d’Urberville est un peu à part, et fait partie de ces « classiques » dont on connaît seulement vaguement l’intrigue. Mais pour redécouvrir à quel point la littérature est vivante, surprenante, et surtout intemporelle, rien ne vaut la lecture de ce roman dense, l’une des œuvres les plus connues de Thomas Hardy. Lire la suite

Le Royaume – [Emmanuel Carrère]

Emmanuel Carrère ne signe malheureusement pas son chef d’œuvre avec cette œuvre massive et dense, contrairement à ce qu’il voudrait croire et affirme tout au long du roman. La presse a attendu en septembre 2014 avec impatience « le nouveau Carrère », ce péplum chrétien, moi de même, et puis l’a encensé. Pourtant amatrice de Carrère (voir chronique de Limonov), je crains de ne pas faire partie des conquis du Royaume. Lire la suite

Just Kids – [Patti Smith]

Récit en première personne, cette traversée de la deuxième moitié du XXe siècle raconte deux histoires qui n’en sont finalement qu’une : la vie de Patti Smith et celle de Robert Mapplethorpe. Si Just Kids est une biographie, alors il s’agit de celle de la chanteuse et poète autant que de celle du célèbre photographe. Un livre inspirant, émouvant et emblématique d’une époque. Lire la suite