La Mégère apprivoisée // Comédie Saint-Michel

La Mégère apprivoisée est un peu à Shakespeare ce que Les Plaideurs sont à Racine : une pièce mineure dans l’œuvre d’un auteur majeur. Qui plus est, une comédie fantasque dans le répertoire d’un dramaturge surtout célébré pour ses tragédies. Ce n’est pas la seule raison qui explique que la pièce soit méconnue en France, et que les théâtres s’en désintéressent, eux si prompts à remplir les salles avec leurs Othello, leurs Hamlet, Macbeth et Richard III. Il faut dire que l’action principale, simple et presque farcesque, se double d’une intrigue secondaire assez complexe, avec de nombreux personnages qui intervertissent leurs rôles, se déguisent, se cachent… De quoi rebuter l’esprit cartésien des Français ! Mais la compagnie Naphralytep a su, avec cette adaptation d’une heure, écarter les contraintes et proposer une mise en scène pétillante et moderne. Lire la suite

Tess d’Urberville – [Thomas Hardy]

Qu’y a-t-il, dans le fond, à dire sur les classiques ? Peut-on questionner leur valeur littéraire, leur intérêt narratif, leurs qualités intrinsèques quand on sait que ces livres ont trouvé leur place dans la postérité, qu’ils sont étudiés par des millions d’élèves dans le monde, lus et relus par autant de lecteurs depuis des siècles ? Il semblerait que tout a été dit. La critique (professionnelle) est déjà passée par là. Néanmoins, nous, lecteurs contemporains, éprouvons encore le besoin de légitimer leur existence ou au contraire, d’en questionner l’intérêt. Tess d’Urberville est un peu à part, et fait partie de ces « classiques » dont on connaît seulement vaguement l’intrigue. Mais pour redécouvrir à quel point la littérature est vivante, surprenante, et surtout intemporelle, rien ne vaut la lecture de ce roman dense, l’une des œuvres les plus connues de Thomas Hardy. Lire la suite