Une fille, qui danse – [Julian Barnes]

Julian Barnes au sommet de son art ? Lauréat du Man Booker Prize 2011 (le « Goncourt anglais ») pour Une fille, qui danse, l’auteur britannique le plus reconnu de notre époque maintient en tout cas, à près de 70 ans, le cap d’une production littéraire féconde. Ce court roman ne fait pas exception au talent de l’auteur pour créer de l’inconfort à partir d’une situation confortable et on le suit jusqu’au bout d’un processus de crise qui prouve que la vieillesse se repose souvent sur des illusions que la jeunesse a contribué à forger. Lire la suite

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Heureux les heureux – [Yasmina Reza]

« J’écris sur le fil de l’essentiel. En cherchant à dire quasiment tout avec presque rien. » Dans une interview parue dans L’Express en janvier 2000, Yasmina Reza confie ce que pour elle écrire veut dire. Heureux les heureux, son deuxième roman, condense ce style si laconique et incisif qu’on lui connaît au théâtre. Avant tout dramaturge et scénariste à la renommée internationale (Le Dieu du carnage, Art, entre autres pièces), récompensée par de nombreux prix, Yasmina Reza excelle aussi dans l’art du portrait. Sous forme de « destins croisés », Heureux les heureux offre un tableau mélancolique et grinçant de l’homme moderne. Lire la suite

Tous les matins du monde – [Pascal Quignard]

Tous les matins du mondeAprès La Musique d’une vie, encore un roman sur la musiqueTous les matins du monde est une variation narrative à partir du personnage de Jean de Sainte-Colombe (v.1640 – v.1700), compositeur et violiste ayant rééllement existé mais dont on sait très peu de choses, si ce n’est qu’il aurait été à l’origine de l’ajout d’une 7e corde à la viole de gambe telle qu’on la pratique aujourd’hui. Pascal Quignard raconte la vie de cet homme après la mort de sa femme, seul avec ses deux filles, renfermé et taciturne, refusant toutes les avances du Roi et vivant dans la solitude et l’austérité. C’est un roman très court, qui se lit en deux après-midis et dans lequel Quignard parvient tout de même à recréer une atmosphère propre au XVIIe siècle, non sans quelques incursions de fantastique.

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Les Couleurs de l’hirondelle – [Marius D. Popescu]

Les couleurs de l'hirondelle

En dehors de Emil Cioran, voire Mircea Eliade, bien peu, moi la première, sont capables de citer des grands auteurs roumains, et encore moins contemporains. La littérature roumaine, comme beaucoup de ses voisines de l’est, est trop méconnue, et mérite de l’être plus. La 33e édition du Salon du livre, qui a eu lieu du 22 au 25 mars et qui a mis les lettres roumaines à l’honneur, l’a prouvé. De nombreux auteurs de ce pays sont venus parler de leurs oeuvres, et ont montré la richesse de cette littérature, non sans enjeux politiques. Pour découvrir un peu mieux ces « lettres roumaines », j’ai choisi de lire Les Couleurs de l’hirondelle, deuxième roman de Marius Daniel Popescu. Une révélation. Lire la suite

Journal d’un corps – [Daniel Pennac]

Le Journal d’un corps se lit d’une traite, on n’a pas le temps de compter les pages. Mais dieu que c’est triste. Ce quotidien d’un corps est surtout le journal d’une vie qui se voit finir, qui agonise dès la cinquantaine passée. En même temps, le lecteur a l’impression de se retrouver face à un condensé de vie. Et comme tous les récits de vie, que ce soit en littérature, au cinéma, au théâtre, on en ressort avec un goût de mélancolie mêlé à de la joie. Avis mitigé, donc. Lire la suite