Anima – [Wajdi Mouawad]

Anima fait partie de ces livres dont il est difficile de parler, tant l’intensité littéraire et poétique ébranle son lecteur. Il lui faut du temps pour prendre du recul, comprendre la source de cet ébranlement, la raison du plaisir du texte, démêler les sentiments, faire la part entre ce qu’il lit et comment il le lit. La littérature contemporaine s’aventure rarement sur le terrain du surnaturel et c’est un manque. Wajdi Mouawad prend le risque de la violence des mots, pour essayer de dire quelque chose de la violence du monde. Ce qui au premier abord peut rebuter constitue sans aucun doute la force du roman, sa singularité et sa beauté.

Lire la suite

Publicités

Marie Stuart – [Stefan Zweig]

« Ce qui est clair et évident s’explique de soi-même, mais le mystère exerce une action créatrice. » Dans sa préface à Marie Stuart, Stefan Zweig justifie son projet de biographie : il ne cache pas que les zones d’ombre et d’incertitudes sur la vie et la personnalité de Marie Stuart sont pour lui le matériau romanesque idéal. Les nombreuses interprétations contradictoires de l’histoire et des documents historiques amènent tout naturellement le romancier-historien à faire acte d’honnêteté : admettre ce qu’on ne peut remettre en cause, reconnaître que l’authenticité des sources peut faire débat sans pour autant éviter de prendre parti. Habilement mené, le récit nous entraîne dans les méandres de l’Écosse et de l’Angleterre du XVIe siècle et l’on se prend au jeu de l’histoire. Une question demeure : sommes-nous face à une fiction narrative (Marie Stuart devenant un personnage entièrement créé par Zweig) ou à une (forme de) vérité historique (impartialité et neutralité de l’auteur primant sur les motivations artistiques) ?

Lire la suite