Réparer les vivants – [Maylis de Kerangal]

Roman des étudiants #7

Plongée dans l’univers chirurgical d’une transplantation cardiaque, Réparer les vivants met le coeur au centre d’une aventure collective inouïe, organe vital tout autant que siège des affects. 24 heures dans la vie d’un coeur, immersion dans l’univers si particulier de l’hôpital,  images scannées de la douleur d’une famille… L’écriture de ce beau roman scrute la vie dans ce qu’elle a d’à la fois miraculeux et de terriblement trivial.

Ce qu’ils pensent en cette seconde je l’ignore, sans doute pensent-ils à Simon, où était-il avant de naître, où est-il désormais, ou peut-être qu’ils ne pensent à rien, captés par la seule vision de ce monde qui se dérobe graduellement pour apparaître de nouveau, tangible, absolument énigmatique -, et la proue qui fend l’eau affirme le présent fulgurant de leur douleur.

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Dans les coulisses du prix France Culture – Télérama // Le Roman des étudiants

Aventure littéraire de deux mois et demi, le prix France Culture / Télérama décerné pour la première année par un jury composé uniquement d’étudiants (300 sur toute la France) s’achève cette semaine, avec l’annonce du lauréat le 17 mars prochain. Retour en vidéo sur cette expérience unique.

Regardez la vidéo ici !

En finir avec Eddy Bellegueule – [Édouard Louis]

Roman des étudiants #6

Édouard Louis : le nouveau petit génie des lettres ? Les médias exhibent ce jeune homme de 21 ans depuis plusieurs semaines, et il s’agit de comprendre pourquoi. Certes, tout le monde n’a pas dirigé un ouvrage collectif sur Bourdieu à 21 ans. Tout le monde n’a pas écrit un premier roman au Seuil qui est en tête des ventes dès sa sortie. Tout le monde n’a pas réussi à fuir un milieu d’origine ouvrier violent, raciste, misogyne et misérable pour finir normalien. Et plus encore, personne, semble-t-il, n’avait réussi avec autant d’acuité à décrire ce processus de fuite contrainte. Édouard Louis, de son vrai (ancien) nom Eddy Bellegueule, l’a fait. On peut au moins lui reconnaître ça. Lire la suite

Faillir être flingué – [Céline Minard]

Roman des étudiants #5

Faillir être flingué a obtenu le Prix du style 2013. Passé l’étonnement face à la découverte d’un tel prix, on peut tomber d’accord : Céline Minard a une vraie plume, son écriture coule de source et se lit agréablement. Mais l’alchimie de cette fresque américaine et sauvage ne prend pas, et c’est avec ennui qu’on tourne les pages, dans l’espoir de voir quelque chose advenir des (trop) nombreux personnages… Lire la suite

La Petite Communiste qui ne souriait jamais – [Lola Lafon]

Roman des étudiants #4

Qu’a-t-on retenu des Jeux Olympiques de 1976 à Montréal ? Pour ceux qui s’en souviennent, c’est surtout à travers la figure de la jeune Nadia Comaneci (14 ans à l’époque), gymnaste roumaine qui avait enchanté le jury par sa grâce et sa performance sans faute, qui lui valut un 10, note maximale et jamais attribuée jusque là. Mais que sait-on de son parcours ? Pas grand chose, comme le révèle le dernier roman de Lola Lafon : en prenant comme ligne de fond le contexte de ces JO de 1976, elle tisse un récit qui se présente d’emblée comme une fiction. À partir d’un dialogue imaginaire avec Nadia, la narratrice « remplit les silences de l’histoire ». Et nous fait rêver. Lire la suite

Comment j’ai mangé mon estomac – [Jacques A. Bertrand]

Roman des étudiants #3

Jacques André Bertrand sait traiter avec légèreté de sujets graves. Ce court roman se lit avec un plaisir indéniable, malgré un terrain propice au pathos. Par sa brièveté, il ne laisse pas le loisir de s’appesantir sur le sort du narrateur, qui d’ailleurs ne le souhaite pas.

Soit, ce monde nous dévore, il attend notre disparition, mais il nous fait patienter en nous servant d’innombrables et somptueux présents. Lire la suite